
Sortie en salle : 29 Mars 1971
De Arthur Penn
Avec Dustin Hoffman, Faye Dunaway, Martin Balsam
Synopsis :
Âgé de 121 ans, Jack Crabb, seul survivant du massacre de Little Big Horn, raconte son histoire à un journaliste. Adopté par une famille de Cheyennes, ce visage pâle est surnommé Little Big Man à cause de son immense courage. Un jour, toute sa tribu est massacrée par les Blancs et Jack est alors recueilli par un pasteur et sa femme. Mais le jeune homme est partagé entre ses origines indiennes et son nouveau peuple...
Critique du film :
"Little Big Man" est bien plus qu’un film historique ou une fresque de l’Ouest sauvage : c’est une véritable leçon d’humanité, un miroir tendu à notre condition humaine, avec ses contradictions, ses échecs et ses instants de grâce. L’histoire se déroule dans une Amérique fracturée par les conflits post-guerre de Sécession, où la conquête de l’Ouest, teintée d’avidité et de violence, marque une période de bouleversements irréversibles.
Au cœur de ce tumulte, nous suivons Jack Crabb, incarné magistralement par Dustin Hoffman, un homme ballotté entre deux mondes : celui des colons européens et celui des Cheyennes qui l’adoptent enfant. À travers son regard, le spectateur découvre la résilience exceptionnelle du peuple Cheyenne, dont les croyances, bien qu’anciennes, offrent une profondeur spirituelle universelle. Ces valeurs, enracinées dans le respect de la nature et l’acceptation des cycles de la vie, transcendent le temps et l’espace. Elles rappellent que l’humanité, même dans ses heures les plus sombres, porte en elle les germes de la sagesse et de la solidarité.
Le parcours de Jack, tiraillé entre son héritage culturel et son éducation adoptive, incarne cette lutte intérieure qui est au cœur de l’expérience humaine. En réintégrant la vie "civilisée", notamment auprès de Mme Pendrake, interprétée avec une grande finesse par Faye Dunaway, il se heurte à la vacuité et aux hypocrisies d’une société bourgeoise en quête de confort matériel, mais privée de sens profond. Cette dichotomie entre le monde "sauvage" des Cheyennes et celui des colons interroge notre propre rapport à la modernité et aux valeurs fondamentales de la vie.
Le film ne se contente pas de raconter l’histoire d’un homme ou d’une époque : il dénonce la folie des guerres, l’avidité destructrice et la quête effrénée de possession qui détournent l’humanité de son essence. Par contraste, le personnage de Peau de la Vieille Hutte, incarné avec une sagesse bouleversante par Dan George, symbolise une humanité en paix avec elle-même, malgré les tragédies. Sa philosophie et son humour discret illuminent le film, offrant une boussole morale dans un monde en perdition.
Inscrit au National Film Registry en 2014 pour son importance culturelle, "Little Big Man", adapté du roman de Thomas Berger, est un témoignage poignant de l’absurdité de la guerre.
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